Affirmation

Burkina: 2ème pays Africain impacté par le VIH-SIDA. À Ouaga, 48% des jeunes sont déclarés séropositifs. (Ministère de la Santé)

Auteur
Scoop Africa
Verdict
Faux
Le Burkina Faso n’est pas le deuxième pays africain le plus touché par le VIH/SIDA, et près de la moitié des jeunes à Ouagadougou ne sont pas séropositifs. Le Burkina Faso ne figure pas parmi les dix pays les plus touchés du continent. En 2025, environ 93 000 personnes vivaient avec le VIH, avec un taux de prévalence de 0,5 % chez les 15 à 49 ans, selon les données disponibles. À l’échelle africaine, le classement des pays les plus touchés varie selon les indicateurs. En nombre, l'Afrique du Sud est le premier pays africain le plus touché. Le deuxième pays est le Mozambique.


Dans une publication diffusée le 7 avril 2026 sur sa page Facebook, Scoop Africa a affirmé que le Burkina Faso est le « 2ᵉ pays africain le plus touché par le VIH/SIDA » et que « 48 % des jeunes à Ouagadougou sont déclarés séropositifs ». L’auteur a attribué ces données au ministère de la Santé.

Relayée sur plusieurs plateformes, notamment Facebook (1,2), X (1),  threads et sur WhatsApp, la publication de Scoop Africa au 11 avril, totalisait plusieurs centaines de mentions « j’aime », de commentaires et de partages. 

Le Burkina Faso est-il réellement le deuxième pays africain le plus touché par le VIH/SIDA ? Ouagadougou la capitale compte – t-elle vraiment 48% de jeunes séropositifs déclarés ? Fasocheck a vérifié.

Capture d’écran de la publication de Scoop Africa

D’où vient cette information?

Depuis début avril 2026, deux affirmations distinctes circulent sur les réseaux sociaux. La première soutient que la Côte d’Ivoire serait le pays africain le plus touché par le VIH/SIDA, tandis que la seconde présente le Burkina Faso comme le deuxième. Dans les deux cas, les auteurs attribuent ces données aux ministères de la Santé des pays concernés. Cependant, cette information a  aussitôt été démentie par le ministère de la santé ivoirienne. 

Capture d’écran de la réaction du ministère de la Santé de la Côte d’Ivoire

Selon Scoop Africa, l’auteur de la publication concernant le Burkina Faso, cette information aurait été communiquée par le ministère de la Santé.

Cependant, aucune trace de cette déclaration ne figure ni sur la page Facebook du ministère, ni sur son site officiel, ni dans les médias burkinabè. 

Pour obtenir les sources et les preuves de cette déclaration, Fasocheck a contacté via WhatsApp, le numéro associé à la page Scoop Africa. L’interlocuteur a affirmé ne pas être lié à Scoop Africa, une page Facebook créée en mai 2025 et localisée en Côte d’Ivoire. L’analyse de cette page révèle qu’elle diffuse régulièrement des contenus  non vérifiés, voire trompeurs. 

Prévalence du VIH/SIDA au Burkina Faso

Le Secrétariat permanent du Conseil national de lutte contre le sida et les infections sexuellement transmissibles (SP/CNLS-IST) a, dans une publication le 13 avril 2026, démenti cette information en rappelant que « le taux de séroprévalence du VIH au Burkina Faso est de 0,5 % dans la population générale, avec des disparités selon les groupes et les régions ».

Capture d’écran de la réaction du SP/CNLS

Ces données figurent dans le Plan stratégique national de lutte contre le VIH, le SIDA et les IST 2026-2030, non encore disponible en ligne dont Fasocheck a pu obtenir une copie. Dans le document lit-on, en 2025, le nombre de personnes vivant avec le VIH est estimé à 93 000 (soit 0,42% de la population totale) dont 85 500 adultes, parmi lesquels 55 000 femmes, ainsi que 7500 enfants. La même année, 2 448 nouvelles infections ont été enregistrées et 1 931 décès ont été recensés.

Par ailleurs, les données de la Banque mondiale indiquent une prévalence de 0,5 % chez les personnes âgées de 15 à 49 ans, ce qui situe le Burkina Faso parmi les pays à faible prévalence au niveau continental.

Les documents consultés par Fasocheck ne fournissent pas de données par ville. Aucune statistique spécifique concernant Ouagadougou, la capitale, n’y est mentionnée.

Pays les plus touchés par le VIH/SIDA

Selon ONUSIDA, en 2024, environ 7,8 millions de personnes vivent avec le VIH en Afrique du Sud, ce qui en fait le pays comptant le plus grand nombre de cas au monde. Le Mozambique suit avec 2,4 millions de personnes vivant avec le VIH.

Cependant, ce classement en nombre absolu ne doit pas être confondu avec celui fondé sur le taux de prévalence, qui mesure la proportion de personnes infectées dans une population donnée. À ce niveau, c’est l’Eswatini qui occupe la première place avec un taux de 23,4 %, suivi de l’Afrique du Sud (17,2 %), du Lesotho (17,1 %) et du Botswana (15,7 %). Le Mozambique affiche, pour sa part, une prévalence estimée à 11,5 %.

Le nombre de personnes vivant avec le VIH ne doit pas être confondu avec le taux de prévalence. Le premier correspond au volume total de cas dans un pays, tandis que la prévalence désigne la proportion de personnes atteintes à un moment donné au sein d’une population. Elle se calcule en rapportant le nombre de cas à l’effectif total de la population concernée.

Les dernières données de ONUSIDA disponible indiquent que dans le monde en 2024 ce sont 40,8 millions de personnes qui vivent avec le VIH. L’Afrique de l’Est et du Sud sont les zones en Afrique les plus touchées avec 21,1 millions de personnes. 

Conclusion

Faux. Le Burkina Faso n’est pas le deuxième pays africain le plus touché par le VIH/SIDA, et près de la moitié des jeunes à Ouagadougou ne sont pas séropositifs.

Le Burkina Faso ne figure pas parmi les dix pays les plus touchés du continent. En 2025, environ 93 000 personnes vivaient avec le VIH, avec un taux de prévalence de 0,5 % chez les 15 à 49 ans, selon les données disponibles.

À l’échelle africaine, le classement des pays les plus touchés varie selon les indicateurs. En nombre, l’Afrique du Sud est le premier pays africain le plus touché. Le deuxième pays est le Mozambique.

Journaliste: Rabiatou Congo

Editeur: Jordan Méda