Affirmation

“Les États-Unis annoncent la création du premier vaccin contre le VIH, nommé Yeztugo, avec une efficacité de 100 %” auteur: NFA Structure “un vaccin a été officiellement trouvé contre le SIDA” auteur: Docteur Souare

Auteur
Verdict
Faux
Incorrect. Il n’existe pas non plus de vaccin contre le SIDA. Yeztugo (Lenacapavir) est plutôt d’un traitement préventif injectable deux fois dans l’année soit chaque 6 mois contre le VIH-1.


“Les États-Unis annoncent la création du premier vaccin contre le VIH, nommé Yeztugo, avec une efficacité de 100 %” a publié plusieurs pages (1, 2) Facebook le 19 juin 2025. D’autres profils comme celui du Docteur Souare indique plutôt qu’ “un  vaccin a été officiellement trouvé contre le SIDA”. Dans sa publication du 20 juin, accompagnée d’un lien dont le contenu a été supprimé, on peut lire ceci:  “L’approbation par la FDA des demandes d’autorisation de mise sur le marché (NDA) de Gilead pour Yeztugo s’appuie sur les données des essais de phase III PURPOSE 1 et PURPOSE 2 menés par Gilead.”

Selon les informations disponibles sur son profil, Docteur Souare se présente comme un médecin nutritionniste résidant aux États-Unis et publie généralement des vidéos en langue dioula. 

Les Etats-Unis ont-ils annoncé la création du premier vaccin contre le VIH?

Un vaccin a-t-il été trouvé contre le VIH/SIDA ?

Fasocheck a vérifié.

D’où vient cette information ?

Plusieurs médias français (1, 2) ont rapporté le 19 juin 2025 l’information selon laquelle la Food and Drug Administration (FDA) des Etats-unis a autorisé la mise sur le marché d’un nouveau traitement préventif injectable contre le VIH, appelé Yeztugo dont le principe actif est le Lénacapavir, un antirétroviral.

La Food and Drug Administration (FDA), c’est-à-dire l’agence fédérale chargée de la régulation des produits alimentaires et médicamenteux aux États-Unis, est l’autorité compétente pour approuver ou refuser la commercialisation des médicaments sur le territoire américain.

L’annonce a indiqué le média français TF1 info a été faite, le 18 juin, par le laboratoire pharmaceutique Gilead qui a élaboré le médicament. D’après le communiqué du laboratoire, Yeztugo est administré deux fois par an par voie sous-cutanée, et les essais cliniques réalisés sur 2 179 participants ont démontré une efficacité de 99,9 % dans la prévention du VIH.

Capture d’écran du reportage de TF1

Pour le Dr Carlos del Rio, professeur de médecine au département des maladies infectieuses de l’Université Emory et codirecteur du Centre Emory pour la recherche sur le SIDA à Atlanta, le  : « Yeztugo pourrait être l’option PrEP révolutionnaire que nous attendions, offrant le potentiel d’améliorer l’adoption et la persistance de la PrEP, et ajoutant un nouvel outil puissant à notre mission de mettre fin à l’épidémie de VIH. »

Le lénacapavir, commercialisé sous le nom de Yeztugo, n’est pas un vaccin, mais un traitement préventif appartenant à la catégorie des médicaments de prophylaxie pré-exposition (PrEP). La prophylaxie pré-exposition (PrEP) consiste à prendre des médicaments antirétroviraux de manière préventive, avant une exposition potentielle au virus. Elle s’adresse aux personnes séronégatives présentant un risque élevé d’infection.

Un antirétroviral (ARV) est un médicament utilisé pour traiter les infections causées par les rétrovirus, comme le VIH, qui est responsable du SIDA.

Dans un communiqué publié sur son site le 19 juin 2025, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a indiqué que des directives sur l’utilisation du lénacapavir injectable seront publiées le 14 juillet 2025, à l’occasion de la Conférence internationale sur le sida qui se tiendra à Kigali, au Rwanda.

Gilead Sciences est un laboratoire pharmaceutique américain fondé en 1987, spécialisé dans la recherche, le développement et la commercialisation de médicaments innovants, notamment dans les domaines du VIH/SIDA, de l’hépatite B et C, et plus récemment, de la COVID-19.

D’autres traitements pour prévenir le VIH

Plusieurs options de prophylaxie pré-exposition (PrEP) pour prévenir l’infection par le VIH sont recommandées par l’OMS. Parmi elles figurent la PrEP orale, l’anneau vaginal à la dapivirine et le cabotégravir injectable à action prolongée (CAB-LA).

Le VIH, ou Virus de l’Immunodéficience Humaine, est un virus qui attaque le système immunitaire du corps, affaiblissant sa capacité à lutter contre les infections et certaines maladies. Il a été identifié le 20 mai 1983. S’il n’est pas traité, le VIH peut évoluer vers le syndrome d’immunodéficience acquise (SIDA), une phase avancée de l’infection où le système immunitaire est gravement compromis. Le VIH peut être traité par  des médicaments antirétroviraux, qui empêchent le virus de se multiplier dans l’organisme. Le traitement ARV peut réduire la concentration du virus dans l’organisme jusqu’à le rendre  indétectable et intransmissible. Cependant, les ARV ne peuvent pas éradiquer complètement le virus.

Selon les données de ONUSIDA, en 2024, 40,8 millions de personnes vivaient avec le VIH dans le monde donc 26,54 millions en Afrique. Au Burkina Faso, en 2023, la prévalence du VIH était de 0,6 % dans la population générale âgée de 15 à 49 ans. Le nombre de personnes infectées est estimé à 97 000, dont 56 000 femmes et 10 000 enfants, selon le Rapport biennal 2022 | 2023 Rendre la santé accessible : l’engagement de l’OMS.

Des progrès  scientifique dans la recherche d’un remède contre le SIDA 

Un essai clinique pour évaluer l’efficacité d’un vaccin expérimental contre le VIH, nommé VIR-1388 avait été lancé en Afrique du Sud et aux Etats-unis  par  la société américaine Vir Biotechnology en 2023. Selon un article publié sur leur site, le vaccin “a été développé en s’appuyant sur les enseignements tirés du vaccin VIR-1111, le premier vaccin anti-VIH expérimental de la Société.” Outre ces avancées vers un vaccin préventif, des chercheurs de l’Institut Peter Doherty pour l’immunité et les infections à l’Université de Melbourne, en Australie ont annoncé dans un article publié le 29 mai 2025 dans la revue Nature Communications avoir découvert une nouvelle méthode expérimentale de traitement du VIH. Elle consiste à introduire un matériel génétique appelé ARN messager (ARNm) dans certains types de globules blancs (lymphocytes T  CD4 + ).  L’ARNm est un mode d’emploi temporaire que le corps utilise  pour fabriquer des protéines.

Différence entre vaccin et médicament

Les vaccins, selon l’Alliance des vaccins (GAVI) sont des médicaments particuliers qui apprennent au système immunitaire à reconnaître et à se défendre durablement contre un agent pathogène, en créant des cellules mémoires. Cette mémoire permet une protection à long terme, bien que certaines personnes aient besoin de plusieurs doses ou de rappels pour maintenir cette protection. En revanche, les médicaments traitent une maladie ou en soulagent les symptômes, mais sans créer de mémoire immunitaire durable. “La plupart des vaccins sont administrés aux personnes en bonne santé pour prévenir l’infection par un organisme pathogène, mais ils sont parfois utilisés pour combattre une infection ou une maladie existante.” a expliqué GAVI. Un médicament préventif est un médicament utilisé pour empêcher l’apparition d’une maladie ou d’une affection. Il est pris par des personnes qui ne sont pas encore malades, mais qui sont à risque de le devenir. 

Conclusion

L’information selon laquelle “Les États-Unis annoncent la création du premier vaccin contre le VIH, nommé Yeztugo, avec une efficacité de 100 % est incorrecte. Il n’existe pas pour l’heure de vaccin contre le SIDA. Yeztugo (Lenacapavir) est plutôt d’un traitement préventif injectable deux fois dans l’année soit chaque 6 mois contre le  VIH-1; le virus responsable du syndrome d’immunodéficience acquise (SIDA) élaboré par le laboratoire pharmaceutique Gilead.

Rabiatou Congo

Editeur

Abdoul Fhatave Tiemtoré