La BCEAO interdit la confection de bouquet de billets de banque risque de peine allant de 3 à 6 mois de prison cause: car il endommage et dégrade les billets de banque
Après que la banque Kenyane a publié un communiqué qui interdit la confection des bouquets de billet de banque, à quelques jours de la Saint Valentin, fête des amoureux, plusieurs informations circulant sur les réseaux notamment facebook ( 1, 2, 3) et tiktok ( 1, 2, 3) affirment que “LA BCEAO interdit la confection de bouquet de billets de banque risque de peine allant de 3 à 6 mois de prison, cause: car il endommage et dégrade les billets de banque”.
Dans un texte publié sur Facebook le 05 février 2026, le compte Amyna Diakité annonce que “ LA BCEAO interdit la confection de bouquet de billets de banque risque de peine allant de 3 à 6 mois de prison cause: car il endommage et dégrade les billets de banque”. A la date du 09 février 2026, la publication a suscité 890 likes, 428 commentaires et 1500 partages. La page Facebook Amyna Diakité compte environ 68000 abonnés.
La Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a-t-elle réellement interdit la confection des bouquets de billets de banque?
Fasocheck a vérifié.

Capture d’écran de la publication d’Amynata Diakité
Aucune déclaration officielle de la BCEAO
Pour vérifier l’affirmation qui prétend que la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a “interdit la confection des bouquets de billets de banque”, Fasocheck a contacté l’auteur de la publication, Amyna Diakité, à travers un message sur messenger qui n’a toujours pas été répondu au moment où cet article est publié.
Plusieurs recherches effectuées sur le site officiel de la BCEAO, à partir des mots-clés « communiqué » et « bouquets d’argent », n’ont donné aucun résultat. Aucun document, note officielle ou annonce publique de l’institution ne fait non plus mention d’une interdiction des bouquets de billets de banque.
Fasocheck a utilisé les mêmes mots clés sur le moteur de recherche Google et les résultats renvoient à des déclarations de la banque kényane ainsi qu’à des pages Facebook relayant l’information qui fait l’objet de la présente vérification.

Capture d’écran des résultats de la recherche
Des billets mutilés “sans valeurs”
Les différentes recherches ont cependant permis à Fasocheck de trouver un autre communiqué relatif à l’utilisation des billets et pièces de monnaie dans l’espace UEMOA/ BCEAO qui indique que “tout refus d’acceptation d’un billet ou d’une pièce ayant cours légal et pouvoir libératoire dans un Etat membre de l’UEMOA constitue une infraction sanctionnée par les textes en vigueur”. Et de poursuivre que “les billets mutilés ou déchirés ainsi que les pièces de monnaie lisses ou altérées peuvent être échangés à ses guichets”.
Un billet mutilé, selon la BCEAO, est un billet “incomplet, très fortement abîmé notamment par l’eau ou par le feu ou qui a subi d’autres formes de détérioration” .
Sur son site internet, dans la rubrique dédiée aux questions et réponses, la BCEAO a établi une liste de billets de banque qui sont considérés comme billets “sans valeurs” et ne sont donc pas échangés. Il s’agit entre autres : “des billets mutilés dont l’ensemble des fragments présentés est inférieur aux deux tiers (2/3) de la superficie de la vignette d’un billet entier ; des billets volontairement mutilés, des billets reconstitués frauduleusement à l’aide de fragments appartenant à plusieurs billets , des billets endommagés par une encre provenant d’un dispositif antivol dont vous n’êtes pas propriétaire”.
C’est quoi un bouquet de billets de banque?
Le concept des bouquets d’argent désigne une pratique consistant à utiliser des billets de banque comme éléments décoratifs, assemblés sous forme de bouquets, généralement offerts comme cadeaux lors de mariages, anniversaires, baptêmes ou autres célébrations. Ce commerce est répandu sur les réseaux sociaux et dans plusieurs pays africains, et est perçu comme une manière originale et symbolique d’offrir de l’argent, tout en valorisant l’esthétique. Toutefois, la confection de ces bouquets soulève des débats car l’agrafage, le pliage ou le collage des billets peuvent entraîner leur dégradation avec des enjeux économiques et juridiques liés à la protection et à la préservation de la monnaie en circulation.
Des mises en garde au Kenya et au Ghana
Dans une déclaration publiée le 02 février 2026, la banque centrale du Kenya s’est exprimée face à l’utilisation des billets de shilling kényan (Ndlr: la monnaie officielle du Kenya) à des fins décoratives et festives, notamment pour la confection de bouquets d’argent. Selon l’institution, ces pratiques impliquent souvent le pliage, le collage, l’agrafage ou l’épinglage des billets, ce qui altère leur intégrité et les rend impropres à la circulation. La banque souligne que ces dégradations perturbent le fonctionnement des distributeurs automatiques et des machines de traitement des espèces, entraînant des coûts supplémentaires liés au remplacement prématuré des billets. Elle rappelle que toute action portant atteinte aux billets est interdite par la loi kényane et appelle le public à privilégier des alternatives qui n’endommagent pas la monnaie nationale.
Dans une information rapportée par le média ghanéen Graphic Business, le directeur du département de la monnaie ghanéen, Dominic Owusu a mis en garde le public contre l’utilisation des billets de cedi comme objets décoratifs dans des bouquets ou des paniers-cadeaux lors d’événements. Selon le directeur, cette pratique est illégale, car la monnaie est exclusivement destinée à servir de moyen d’échange pour l’achat de biens et de services. Il a souligné que toute autre utilisation expose les contrevenants à des poursuites judiciaires.
Conclusion
La déclaration selon laquelle la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a “interdit la confection de bouquet de billets de banque” est fausse. Fasocheck n’a trouvé aucune déclaration officielle de la BCEAO qui interdit la confection des bouquets de billets de banque.
Journaliste: Aïcha Mohamed YATTARA