Chikungunya :  carte d’identité d’une maladie méconnue

Du 06 septembre au 15 octobre 2023, 282 cas confirmés de chikungunya sans décès ont été enregistrés au Burkina Faso. Cette maladie méconnue du grand public et assimilée à la dengue apparaît à une période où le pays traverse déjà une épidémie de dengue depuis août 2023. Qu’est ce que le Chikungunya ? D’où vient-il ? Comment se transmet-il ? Quel est son niveau de létalité ? Comment l’éviter ? Fasocheck apporte des réponses à travers cette fiche d’information.

Une maladie virale

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et l’institut Pasteur, le chikungunya est une arbovirose, une maladie virale transmise par la femelle du moustique tigre ou Aedes. Ce moustique actif en journée est aussi vecteur des virus de la dengue et du zica, deux autres maladies infectieuses.

Le nom Chikungunya qui signifie « devenir tordu » en kimakonde, une langue parlée en Tanzanie et au Mozambique, pour décrire l’apparence des personnes souffrant de douleurs articulaires causées par la maladie. Elle sévit particulièrement en Amérique, en Asie et en Afrique sub-saharienne. Les premiers cas ont été enregistrés en 1952 en Tanzanie avant d’être répertoriés par la suite dans près de 60 pays dans le monde.

Peu diagnostiquée en Afrique 

Si des épidémies de Chikungunya en Afrique ont déjà été rapportées, les données chiffrées concernant l’évolution de la maladie sur le continent sont parcellaires et inconstantes.

L’Amérique du Sud est depuis 2014 l’un des foyers épidémiques de la maladie. Selon les dernières statistiques de l’OMS, cette région a enregistré 113 447 cas de Chikungunya dont 51 décès entre le 1er janvier et le 4 mars 2023, « soit quatre fois plus de cas et de décès par rapport à la même période en 2022 (21 887 cas, dont huit décès)». En 2022, le chiffre était de 273 685 cas de chikungunya en Amérique. 

Symptômes, prise en charge et prévention

Les manifestations de la maladie apparaissent généralement 4 à 8 jours après la piqûre du moustique infecté. Les symptômes, dont certains similaires à ceux de la dengue, sont la myalgie (douleurs musculaires), la fièvre brutale, la céphalée, la nausée, l’éruption cutanée et la fatigue, prévient l’OMS dans une fiche d’information publiée en 2014.

Malgré le développement en cours de plusieurs vaccins depuis décembre 2022, l’organisation onusienne a précisé qu’il n’existe actuellement aucun vaccin homologué ni traitement spécifique pour les infections par le virus du chikungunya. « Le traitement a essentiellement pour but d’atténuer les symptômes, notamment l’arthralgie, au moyen d’antipyrétiques, d’analgésiques et d’un apport optimal de liquides », a précisé l’organisation.

Même si les décès liés à la maladie sont «rares», et que la plupart des patients guérissent entièrement, des «cas occasionnels» de complications oculaires, neurologiques et cardiaques ont été signalés. 

Éviter les piqûres et éliminer les gîtes de moustiques constitue le moyen de prévention le plus efficace contre le Chikungunya recommandé.

Prévention et surveillance accrue au Burkina 

Pour réduire la prolifération des cas de chikungunya, de dengue et de paludisme, le ministère burkinabè de la santé mise sur la prévention. Depuis le 12 octobre 2023, une campagne de pulvérisation spatiale nocturne anti-moustiques est en cours à Ouagadougou et Bobo Dioulasso, les deux plus grands centres urbains du pays. Cette campagne s’étendra à d’autres grandes villes du Burkina Faso.

D’autres mesures sont mises en œuvre pour contrôler la situation épidémiologique. Cela inclut la formation du personnel de santé, le renforcement des capacités des installations de santé en matière de tests de dépistage rapide et le renforcement de la surveillance épidémiologique.

Dô DAO

Fasocheck 

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